Le 6 Mai dernier, j'étais enfin en congé maternité dont le maître mot était "profiter'.

Aujourd'hui, 6 mois plus tard, me revoilà ici : au bureau. A me demander, mais que fais-je ici au lieu de m'occuper de mon petit?

Tu retrouves les mêmes personnes, elles n'ont pas changé. Y en a même qui te disent "Tiens, salut Servanne, ça fait un moment que je ne t'ai pas vu, tu étais où?"... "Ben, j'étais enceinte, et j'ai même accouché il y a 3 mois et quelques poussières"... Il y a de quoi rire non?

Il y a ceux qui te parlent alors qu'avant ils ne te parlaient jamais, comme si le fait d'avoir un enfant faisait de toi quelqu'un de respectable, socialement utile à quelque chose. Et il y en a qui ne t'adressaient pas la parole avant, et qui ne le font toujours pas, ceux-là, je les apprécie!

Heureusement, y a Francis (mon voisin de bureau), Birgit (qui m'attendait dehors, trop choupinette), Cricri, Julien, et quelques autres. Sur tout un immeuble, ça ne casse pas des briques!

Le retour au travail est difficile, je le prends en pleine tête, c'est d'une violence inouïe! Je m'étais préparée dans ma tête, un peu, à être confrontée à cette dureté, mais c'est beaucoup plus difficile que prévu. 

Surtout quand on n'est pas bien là où l'on se trouve, que l'ambiance est plutôt morose, que personne ne vous motive, ça ne donne pas envie.

J'aurais aimé, si j'avais pu, prendre 6 mois pour Petitbonhomme et moi, 6 mois de tendre complicité, 6 mois à tisser des liens, 6 mois à profiter l'un de l'autre. Ce sera pour une autre vie. Parce que la France fait trop de social paraît-il, mais quand t'as un premier enfant, ben t'es pas beaucoup soutenue de ce coté là. Pourquoi ne bénéficions-nous pas d'un congé maternité de 75 semaines payées à 80% comme en Suède?

Tu fais un enfant, et à 3 mois, tu le confies à quelqu'un qui va faire son éducation (en partie), voir son évolution (en grande partie) à ta place. WTF?

Bref, je suis de retour au bureau.

Bureau (Medium)